Au niveau mondial

Cette vue thématique regroupe tous les sous-chapitres consacrés aux aspects climatiques au niveau mondial et les présente de manière claire et chronologique, pour un aperçu rapide et spécifique à chaque thème.

Le réchauffement du système climatique est indéniable.1 (Ch. A.1) La température moyenne observée à la surface du globeA entre 2015 et 2024 était supérieure de 1,24 °C [1,11–1,35 °C]B à celle de la période de référence préindustrielle (1850–1900).C L’influence humaine sur le système climatique est claire : les activités humaines ont provoqué un réchauffement de 1,22 °C [1,0–1,5 °C] au cours de cette période. L’augmentation de la température a été nettement plus forte au-dessus des surfaces terrestres (+1,79 °C [1,56–2,03 °C]) qu’au-dessus des océans (+1,02 °C [0,81–1,13 °C]).3

Les principaux responsables de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre sont : l’utilisation de combustibles fossiles (environ 90 % des émissions de CO2 et environ 35 % des émissions de méthane) ; l’utilisation des terres (environ 40 % des émissions de méthane et 70 % des émissions de protoxyde d’azote) et les changements d’affectation des terres, tels que le déboisement pour l’agriculture ; et les modes de consommation et de production liés au mode de vie.4

Augmentation globale de la température

Figure 1 : Augmentation globale de la température depuis la période préindustrielle(1850–1900).3 (Fig. 7)

Augmentation de la température au niveau mondial, pour l'Europe et pour la Suisse.

Figure 2 : Augmentation de la température à la surface de la Terre: moyenne décennale 2015–2024 par rapport à la période de référence préindustrielleB au niveau mondial,3, 6 pour l’Europe6 et pour la Suisse.10

De nombreux indicateurs du système climatique mondial ont évolué rapidement dans de nombreuses régions du globe. Entre 1901 et 2024, le niveau mondial des mers a notamment augmenté de 0,23 m16 et les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ont perdu beaucoup de leur masse depuis les années 1990 au plus tard. L’élévation du niveau de la mer, les changements dans la cryosphère ainsi que les modifications dans de nombreux écosystèmes et l’extinction d’espèces qui en résulte seront irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires.17

Les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont déjà augmenté dans de nombreuses régions du monde, avec des conséquences parfois catastrophiques pour l’être humain et son environnement naturel. Il existe des preuves scientifiques irréfutables que les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses se sont intensifiés et que le changement climatique a eu une influence déterminante sur ces changements, voire en est responsable.18

Le changement climatique entraîne également de plus en plus de mouvements de population. Ceux-ci ont principalement lieu à l’intérieur des frontières nationales.19 Ces dernières années, on a dénombré 20 millions de déplacés liés au climat par an.20 Les principales causes sont les inondations et les intempéries.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont été estimées à environ 58 ± 5 Gt CO2 eq pour l’année 2024. Cela correspond à une augmentation de 13 % par rapport à 2010 et de 53 % par rapport à 1990.195 Les émissions mondiales de gaz à effet de serre augmentent chaque année (à l’exception de l’année 2020 pendant la pandémie de COVID-19) et aucun renversement de tendance n’est en vue.84 La plus grande partie et la plus forte croissance des émissions brutes de gaz à effet de serre proviennent du CO2 issu de la combustion de combustibles fossiles et des processus industriels, suivis par le méthane. Le taux de croissance des émissions de gaz à effet de serre est passé de 2,1 % par an entre 2000 et 2009 à 1,3 % par an entre 2010 et 2019.83 Les estimations préliminaires basées sur les données disponibles indiquent que les émissions de CO2 fossile auront encore augmenté de 1,1 % en 2025 par rapport à 2024.84

L’Accord de Paris a été signé en 2015 par 197 États et l’Union européenne, soit un total de 198 parties contractantes.85 L’accord a pour objectif de limiter le réchauffement climatique à nettement moins de 2 °C, si possible à 1,5 °C, par rapport à la période de référence préindustrielle. Selon les modèles de calcul, pour ne pas dépasser un réchauffement climatique de 1,5 °C, les émissions mondiales nettes de CO2 d’origine humaine devraient diminuer d’environ 45 % d’ici 2030 par rapport à 2010 et atteindre le point zéro net CO2 vers 2050. Pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C, les émissions nettes de CO2 devraient, selon les modèles, diminuer d’environ 25 % d’ici 2030 par rapport à 2010 et être égales à zéro d’ici 2070.86

Ces dernières années, la planification et la mise en œuvre de mesures d’adaptation ont augmenté dans divers secteurs et régions du monde. Il existe de nombreuses options documentées et efficaces pour atténuer les effets et les risques climatiques dans différents contextes, secteurs et régions.1 (Ch. A.3) Malgré des progrès considérables, les mesures d’adaptation actuelles ne parviennent toutefois pas à suivre le changement climatique progressif.1 (Ch. A.3) Il en résulte un déficit d’adaptation croissant.

Les limites de la capacité d’adaptation, p. ex. en raison de changements trop importants ou trop rapides, ont déjà été observées et sont déjà atteintes dans certains écosystèmes et certaines régions (p. ex. dans les écosystèmes des récifs coralliens).107 Cela suggère que ces écosystèmes et régions pourraient être confrontés à des défis particuliers dans le cadre de la poursuite de l’adaptation au changement climatique, voire qu’aucune adaptation supplémentaire n’est possible.1, 108

En outre, certains secteurs et certaines régions connaissent des adaptations inappropriées qui renforcent souvent les inégalités sociales.108 (Ch. TS.D.3) P. ex., les digues côtières peuvent protéger les personnes et les infrastructures à court terme, mais elles augmentent le risque climatique à long terme, car ces zones protégées font l’objet d’une urbanisation croissante et les risques environnementaux s’accroissent. De plus, ces constructions perturbent ou endommagent souvent les écosystèmes côtiers.1 (Ch. B.4.3)

Encadré 3: Limites de l’adaptation

Les limites de l’adaptation sont atteintes lorsque les personnes, les organisations ou des systèmes entiers ne peuvent plus s’adapter efficacement aux conditions changeantes afin de se protéger contre des risques graves ou intolérables.109 On parle de risques intolérables lorsque les effets d’un changement menacent des valeurs sociales ou personnelles fondamentales. Il s’agit p. ex. de la sécurité publique, de la préservation des traditions culturelles, du respect des normes juridiques ou de la confiance dans les accords sociaux, également appelés contrats sociaux.110

Les limites de l’adaptation peuvent être souples ou dures (en anglais soft limits – hard limits). Les limites d’adaptation souples apparaissent lorsqu’il existe des possibilités d’adaptation à un risque, mais que celles-ci ne sont actuellement pas réalisables ou disponibles. La protection contre la chaleur croissante dans les villes en est un exemple : techniquement, il serait possible d’augmenter la végétalisation, de désimperméabiliser les sols ou d’adapter les constructions, mais les moyens financiers limités, le manque d’espace et la longueur des procédures de planification empêchent souvent une mise en œuvre rapide. Les limites d’adaptation strictes, en revanche, sont atteintes lorsqu’il n’existe plus de possibilités d’adaptation réalistes ou efficaces. Un exemple tiré de l’écologie est la migration vers les hauteurs des espèces végétales alpines qui aiment le froid : le sommet de la montagne constitue ici une limite d’adaptation stricte.

Moins les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont efficaces, plus il faut investir dans l’adaptation – et plus les limites de l’adaptation sont rapidement atteintes y compris en Suisse, notamment en raison de l’interaction de diverses contraintes, p. ex. écologiques, économiques et sociales.111

Chaque émission de CO2 d’origine humaine contribue à peu près de la même manière au réchauffement climatique. En moyenne, le rejet de 1000 gigatonnes de CO2 entraîne une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 0,45 °C.21 (Ch. D.1.1)

Le budget carbone résiduel désigne la quantité maximale de CO2 qui peut encore être émise dans le monde à partir d’aujourd’hui afin de ne pas dépasser une certaine limite de température mondiale. Le respect de cette limite dépend essentiellement de la quantité totale de CO2 émise jusqu’à l’atteinte du zéro net CO2 et de l’ampleur de la réduction des émissions d’autres gaz à effet de serre, en particulier du méthane, au cours de cette décennie.I Ces deux facteurs déterminent dans une large mesure si la limite du réchauffement climatique convenue au niveau international peut être atteinte.

Le budget carbone mondial résiduel à partir de début 2025 s’élevait à 130 Gt de CO2 pour rester, avec une probabilité de 50 %, en dessous de la limite de réchauffement de 1,5 °C visée par l’Accord de Paris.3 Cette estimation a été considérablement revue à la baisse depuis le 6ème rapport d’évaluation du GIEC (AR6)128 (estimation initiale : 500 Gt de CO2 à partir de 2020).

Sur la base de l’estimation du réchauffement anthropique jusqu’en 2024J de 1,36 °C et du taux actuel d’augmentation de la température de 0,27 °C par décennie, on suppose que le réchauffement climatique anthropique atteindrait 1,5 °C dans environ cinq ans si les taux d’émission restaient inchangés.3

Les modèles climatiques mondiaux et régionaux ont gagné en complexité et en fiabilité. Ils reproduisent aujourd’hui tous les composants et processus les plus importants du système climatique et constituent nos principaux outils pour décrire les changements climatiques futurs. Les modèles climatiques ont assez bien prédit l’évolution de la température mondiale à la surface de la Terre dans le passé. Les calculs effectués en 1988 pour l’évolution future des températures131 étaient déjà très proches des observations (p. ex., de la température moyenne mondiale mesurée à la surface de la Terre), si l’on tient compte de l’évolution réelle des émissions.

Compte tenu des objectifs de réduction des émissions actuellement promis par les États (NDC)L, il est probable que le réchauffement dépassera 1,5 °C au cours du XXIe siècle et qu’il sera difficile de le limiter à moins de 2 °C. À l’heure actuelle, l’année 2030 semble être la date la plus probable à laquelle l’objectif de 1,5 °C sera dépassé à long terme.132 Les scénarios modélisés qui correspondent aux NDC annoncées jusqu’en 2030 et 2035 et qui ne prévoient aucune mesure supplémentaire conduisent à un réchauffement climatique d’environ 2,6 °C d’ici 2100.133

Les scénarios d’émissions qui tablent sur une nouvelle augmentation des émissions annuelles de gaz à effet de serre (c’est-à-dire que les NDC actuelles ne sont pas respectées) conduisent à un réchauffement climatique de plus de 3 °C, voire 4 °C, d’ici la fin du XXIe siècle par rapport à la période de référence préindustrielle.1 (Ch. B.1.1)

Trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2100

Figure 10 : La mise en œuvre des contributions nationales en matière de climat (NDC 2030 et 2035) entraînerait probablement un réchauffement climatique de 2,6 °C. Les mesures déjà adoptées devraient conduire à un réchauffement similaire. Si l’on tient compte des objectifs contraignants à long terme ou des objectifs d’émissions nettes égales à zéro, le réchauffement serait limité à environ 2,2 °C au-dessus du niveau préindustriel.133

Encadré 4: Niveaux de réchauffement global

De nouvelles études ont montré qu’indépendamment du scénario d’émissions, il existe un lien évident entre les émissions totales de gaz à effet de serre et le réchauffement global.21 (Ch. D.1.1) Parallèlement, l’augmentation de la température moyenne mondiale est le principal facteur déterminant des changements régionaux d’autres variables climatiques telles que les précipitations. En raison de ces liens, le changement climatique régional futur peut être décrit en fonction de niveaux de réchauffement climatique (global warming levels, GWL), indépendamment du scénario d’émissions (c’est-à-dire comment le climat en Suisse changera en cas de réchauffement climatique de 2 °C, que ce niveau de réchauffement soit atteint en 2050 ou en 2100).

Une augmentation supplémentaire des risques climatiques est attendue dans toutes les régions du monde.1 (Ch. B.2.3) Avec un réchauffement supérieur à 1,5 °C, les risques augmenteront de plus en plus et se multiplieront. Les risques climatiques deviennent de plus en plus complexes et interconnectés, et donc plus difficiles à gérer. À partir d’un réchauffement climatique de 1,5 °C, le risque d’atteindre des points de bascule dans le système climatique augmente considérablement.134 (Ch. 3.5.5)

À l’avenir, l’élévation progressive du niveau de la mer renforcera considérablement les déplacements de population rendus nécessaires par l’inhabitabilité des zones touchées.135 Le lien entre le changement climatique et les conflits susceptibles d’entraîner des migrations de réfugiés vers l’Europe reste toutefois faible.136

Les rétroactions climatiques vont gagner en importance au cours de ce siècle, même si l’influence directe des humains sur le réchauffement climatique diminue. Il a p. ex. été démontré que les nuages bas, qui se multiplient avec le réchauffement, finissent par aggraver encore le changement climatique.137 Le réchauffement entraîne également une augmentation des émissions de méthane (provenant p. ex. des zones marécageuses) et des émissions supplémentaires de CO2 (provenant p. ex. des incendies de forêt). Celles-ci augmentent à leur tour les concentrations de gaz à effet de serre et donc le réchauffement.3

Encadré 5: Le concept de risque selon le GIEC

Dans le rapport du GIEC, le terme « risque » désigne la possibilité de conséquences néfastes du changement climatique. Il s’agit aussi bien des conséquences sur les êtres humains (p. ex. en matière de santé, de sécurité ou de moyens de subsistance) que sur les systèmes écologiques (p. ex. animaux, plantes ou écosystèmes). Le rapport tient également compte du fait que les risques peuvent résulter non seulement du changement climatique lui-même, mais aussi des mesures prises pour le combattre, p. ex. lorsque les adaptations entraînent des conséquences imprévues. Il reconnaît en outre que les êtres humains perçoivent et évaluent les risques différemment en fonction de leurs expériences, de leurs valeurs et de leurs conditions de vie.

Atténuation

Une transformation rapide et globale dans tous les secteurs et systèmes est nécessaire pour parvenir à des réductions profondes et durables des émissions. Cela nécessite le développement considérable d’un large éventail d’options d’atténuation. Des options réalisables, efficaces et rentables pour atténuer le changement climatique sont déjà disponibles, avec des différences régionales et sectorielles. On peut citer comme exemples l’électrification du chauffage et des transports, ainsi que l’utilisation de technologies de production d’énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire.1 Ces options sont partiellement mises en œuvre, mais se heurtent principalement à des obstacles socioculturels et à une résistance économique.1, 253

Il existe un écart important entre les réductions d’émissions résultant de la mise en œuvre des CDN annoncées par les différents États d’ici 2035 et les réductions d’émissions qui seraient nécessaires, selon les modèles de calcul, pour maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en dessous de +1,5 °C.133 Avec une réduction régulière des émissions mondiales de CO2 à partir de 2020, les émissions nettes de CO2 devraient atteindre zéro en 2041 ou 2036 (selon la probabilité considérée). Les trajectoires de réduction actuelles en sont encore loin.1 (tableau SPM.2)

À cela s’ajoute l’écart entre les CDN et les mesures effectivement prises. Cela signifie que les décisions politiques actuelles des États conduisent à des émissions plus élevées que celles visées et promises par les États sur le papier.83

La combinaison de mesures orientées vers l’efficacité et vers la sobriété contribue de manière importante à la réalisation des objectifs climatiques.91, 254, 255 Sans mesures suffisantes pour encourager les changements de comportement et adapter la demande (approches orientées vers la sobriété), la pression aux changements de technologies du côté de l’offre augmente, p. ex., pour améliorer l’efficacité énergétique (approches orientées vers l’efficacité) ou pour utiliser des technologies de substitution. Cela comporte des risques, en particulier lorsque les approches technologiques s’appuient sur de nouvelles technologies dont le potentiel réel d’atténuation est encore incertain.

Adaptation

Il existe déjà des options d’adaptation réalisables, efficaces et peu coûteuses, mais elles varient selon les systèmes et les régions. Les stratégies correspondantes comprennent, p. ex., la modification de la planification des infrastructures, l’accès des pays pauvres aux innovations (transfert de technologies), la promotion de changements socioculturels et comportementaux, la mise en œuvre de la protection sociale, l’amélioration des services climatiques ainsi que la protection et la restauration des écosystèmes.4 (Ch. 4) En outre, les stratégies visant à améliorer la résilience de l’agriculture et de la sylviculture ainsi que des infrastructures, à maintenir un approvisionnement électrique fiable et à garantir une utilisation efficace de l’eau sont d’une importance cruciale.

Encadré 6: Mécanismes de coopération et systèmes d’échange de quotas d’émission

L’article 6 de l’Accord de Paris a introduit un mécanisme permettant aux États signataires de coopérer volontairement entre eux afin d’atteindre leurs objectifs nationaux de réduction des émissions (CDN) (art. 6.2). Cela peut se faire en partie par le biais de projets de réduction des émissions à l’étranger (voir encadré 2). Ce mécanisme est supervisé par un comité des Nations Unies afin d’éviter d’éventuels abus tels que le « double comptage » (la réduction des émissions est prise en compte dans les deux pays). Grâce à une transparence accrue, à des rapports réguliers et à des exigences de qualité strictes, les projets doivent également pouvoir prouver leur « additionnalité » (à savoir que la réduction des émissions n’aurait pas eu lieu sans les recettes provenant de la vente de crédits carbone). La Suisse prévoit d’utiliser ce mécanisme pour atteindre ses CDN (voir ch. 3.2.2 A).

Outre le mécanisme international, il existe des systèmes régionaux ou nationaux d’échange de quotas d’émission. Dans l’UE, ce système s’appelle « système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne » (SEQE-UE). Il vise à contribuer à la réalisation des objectifs de réduction des émissions de l’UE. Le SEQE-UE fonctionne selon le principe du plafonnement et d’échange de quotas, en anglais cap-and-trade , dans lequel l’UE fixe la limite maximale des émissions totales et la répartit en certificats négociables. Cette limite maximale est continuellement abaissée. Les entreprises reçoivent ou achètent des certificats (en anglais EU Allowances, EUA) qui leur donnent le droit d’émettre une certaine quantité d’émissions. Les quotas non utilisés peuvent être négociés. À partir de 2026, l’UE introduira en outre un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) (en anglais Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM). Les pays tiers qui importent des marchandises à forte intensité d’émissionsP dans l’UE devront à l’avenir acquérir des quotas MACF afin de compenser la différence entre les coûts des émissions dans le pays de production et le prix des quotas dans l’UE. Ce mécanisme sera progressivement intégré dans le SEQE-UE.

Jusqu’en 2020, la Suisse disposait de son propre système d’échange de quotas d’émission (SEQE-CH), qui est désormais lié au SEQE-UE. Les marchandises d’origine suisse sont exemptées de la réglementation MACF en raison des systèmes d’échange de quotas d’émission liés entre l’UE et la Suisse. La Suisse souhaite adapter son système d’échange de quotas d’émission au même rythme que l’UE afin que les systèmes puissent rester liés. Le projet de loi relative à l’ajustement carbone aux frontières lors de l’importation de marchandises à base de ciment (LACFC) est actuellement en élaboration. La loi sur le CO2 à partir de 2030 prévoit également un système d’échange de quotas d’émission supplémentaire en Suisse pour les secteurs du bâtiment et des transports (voir encadré 2). Le Royaume-Uni, la Californie et le Québec (Western Climate Initiative, WCI), certains États du nord-est des États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont également mis en place des systèmes d’échange de quotas d’émission régionaux ou locaux, ou sont en train de les développer.

Enfin, il existe également des marchés volontaires du carbone tels que Verra (Verified Carbon Standard, VCS), Gold Standard,American Carbon Registry (ACR), Climate Action Reserve (CAR) ou Plan Vivo. Ceux-ci peuvent être utilisés volontairement par des entreprises privées pour compenser leurs émissions ou atteindre leurs objectifs climatiques. Au niveau sectoriel, il existe un mécanisme spécifique à l’aviation, le CORSIA. Un mécanisme similaire pour le transport maritime (OMI) est actuellement en cours d’élaboration.

L’efficacité des options d’adaptation, en particulier celles liées aux écosystèmes et à l’eau, diminuera avec l’augmentation du réchauffement climatique.4 (Ch. B.4.1) À mesure que le changement climatique progresse, il devient de plus en plus difficile et coûteux d’éviter les pertes et les dommages, en particulier pour les écosystèmes et les populations particulièrement vulnérables. Avec un réchauffement climatique supérieur à 1,5 °C, l’adaptation deviendra plus difficile et, dans certains cas, impossible, en particulier pour les régions qui dépendent des glaciers et de la fonte des neiges, ainsi que pour les petites îles dont les ressources en eau douce sont limitées. Avec un réchauffement supérieur à 2 °C, de nombreuses options d’adaptation ne seront plus efficaces ou tout simplement impossibles à mettre en œuvre.4 (Ch. B.4.2)

La mise en œuvre de mesures d’adaptation intégrées et intersectorielles qui tiennent compte non seulement des risques climatiques, mais aussi des inégalités sociales, augmente la faisabilité et l’efficacité de l’adaptation. Une planification à long terme est essentielle pour améliorer l’efficacité de l’adaptation.1 (Ch. B.4.1)

Coup de projecteur sur le climat suisse

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